ADHÉREZ OU RENOUVELEZ

La naissance d’un nouvel adepte Harley-Davidson

Une escapade mouvementée dans l’arrière-pays de la Colombie-Britannique transforme un sceptique en converti

Par Robin Esrock

Depuis cinq ans, je prends part à des virées de long week-end avec un groupe de motocyclistes. Parmi une armée de motos japonaises, je suis toujours le seul à rouler en Harley-DavidsonMD.

Notre groupe est plutôt éclectique côté modèles, mais c’est toujours ma HarleyMD – d’abord une Heritage SoftailMC, ensuite une Road KingMD, maintenant une Road GlideMD – qui attire les regards et la curiosité.

Évidemment, mes amis n’hésitent pas à me taquiner sur le grondement distinctif d’une Harley. J’accepte les blagues avec le sourire, surtout parce que, ma moto, elle, n’a jamais calé sur le bord de la route. Et je n’ai jamais eu besoin de me plaindre d’un manque de puissance dans les montées abruptes des Rocheuses. Cette année, après une panne de stator qui a entraîné des heures d’attente interminable pour une dépanneuse, Steve a dû poursuivre le voyage comme passager sur ma Road Glide. C’était la première fois qu’il montait sur une HarleyMD, et tandis que nous poursuivions notre périple à travers les montagnes et la magnifique vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique, Steve a pu apprécier à quel point une Road Glide c’est du solide.

« Les pannes, ça arrive. Ça fait partie de l’aventure », a dit Pete ce soir-là, en buvant d’un trait une IPA sur la terrasse du Grizz Hotel à Revelstoke. Il essayait de remonter le moral de Steve, qui était évidemment découragé d’avoir perdu sa moto (sans parler du coût et des efforts nécessaires pour la ramener chez lui). Mais je voyais autre chose dans son regard : son cerveau tournait à plein régime.

Plus tôt dans l’après-midi, après quelques heures passées à l’arrière, je lui avais proposé de prendre le guidon de ma Road Glide. Juste pour lui permettre de sentir lui-même la puissance du moteur de 105 chevaux, le grondement des 175 Nm de couple qui propulsent dans les côtes, la façon dont le carénage Sharknose fend le vent comme une nageoire dans l’eau, le confort des larges repose-pieds, et le son clair et puissant qui sort de mes haut-parleurs intégrés. Je voyais bien que Steve appréciait.

Les routes légendaires de la Colombie-Britannique nous en ont mis plein la vue dès notre départ de Vancouver, en suivant la route 99. Peu importe combien de fois on roule sur la Sea to Sky, elle impressionne toujours. Une fois sortis du trafic de Whistler, les virages en épingle à cheveux vers Lillooet nous ont plongés dans un décor de montagnes de plus en plus aride. De la 99 à la 97, c’était un vrai bonheur de rouler, jusqu’à la Transcanadienne menant à Kamloops, où on a dû abandonner la moto de Steve.

Le trajet jusqu’à Revelstoke s’est poursuivi dans un décor spectaculaire. De là, on a longé les rives scintillantes du fleuve Columbia sur la route 23 jusqu’au traversier de Shelter Bay, pour traverser le Upper Arrow Lake. À la proue, entourés d’autres motocyclistes et de campeurs, on entendait les mêmes exclamations d’émerveillement dans tous les accents. Peu importe d’où on vient, ce coin du monde est tout simplement magnifique.

Puis direction route 6 vers Nelson, où le stationnement de l’Adventure Hotel débordait à cause d’un rassemblement d’un groupe d’adeptes d’une marque italienne. Steve et Pete trouvent souvent que ces motocyclistes-là sont un peu snob… mais Steve commençait à changer d’avis sur les adeptes de Harley-Davidson. « Les pilotes de Harley sont clairement d’un autre moule », m’a-t-il lancé.

« Plutôt d’un autre cuir, si tu veux mon avis », lui ai-je rétorqué.

« Ce que j’aime avec les gens qui roulent en Harley, c’est qu’ils viennent toujours te jaser de la route ou de ta moto, » m’a dit Steve. « C’est vraiment moins prétentieux. Ah, et les Harley, au moins, ça sonne pas comme des maringouins chialeux. » Steve commençait à voir clair.

Sur les serpentins de l’autoroute 3, je lui ai offert à nouveau de prendre le guidon. Un petit sacrifice bien calculé de ma part, sachant que le décor allait sûrement lui inspirer des rêves de route pour la vie. Plus tard, en prenant une bière, il ne tarissait pas d’éloges – des mots qu’il n’aurait jamais prononcés quelques jours plus tôt.

« Je vous le dis, les Harley, c’est fait pour ce genre de voyage là », a-t-il lancé à tout le groupe.

Quelques jours après notre retour, il a reçu sa facture de réparation. Avec les frais de remorquage depuis Kamloops, la ligne était mince entre réparer ou remplacer.

Puis j’ai reçu un message : « Penses-tu que je pourrais trouver une bonne Harley usagée? » J’ai compris à ce moment-là que sa conversion Harley-Davidson était complète. L’an prochain, on sera deux à rouler en H-D dans le groupe.

Robin Esrock est l’auteur à succès de The Great Canadian Bucket List et rédacteur collaborateur pour Canadian Geographic.


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